Anti-Dati…

8012009

L’actualité médiatique s’enflamme actuellement pour la Garde des Sceaux, Rachida Dati, 43 ans, qui a repris le boulot cinq jours après avoir accouché par césarienne d’une petite fille. La belle Rachida est filmée-photographiée sous toutes les coutures, sur le perron de l’Elysée, absurdement élégante sur ses talons aiguilles, sourire aux lèvres, une aubaine pour la presse « people ». Avec le ventre couturé de frais, elle doit déguster, la pauvre. Mais elle a décidé d’être digne et de serrer les dents. On la qualifie de « femme de tête », « femme moderne », ambitieuse, battante, bla, bla, bla, etc., tandis que les commentaires vont bon train dans les couloirs politicards… Certaines ont même la trouille que Sarkozy profite de cette « femme exemplaire » pour diminuer la durée légale du congé de maternité !!!

Cela a certainement un sens pour elle, et je peux comprendre que la symbolique de la réussite professionnelle ait pris le pas sur le désir si charnel de ne pas laisser son bébé entre les mains de quelqu’un d’autre. La pauvre Rachida Dati cumule toutes les ségrégations : femelle, jeune et belle, et beurette de surcroît. Elle n’a pour ainsi dire pas vraiment le choix. Ou du moins, elle a fait le choix qui était attendu d’elle. Mais comme je la plains, d’avoir ainsi dû refouler toute cette énergie animale, passionnelle, qui ne demande qu’à s’exprimer, qu’à s’épanouir, même chez les cérébrales dont je fais – a priori - partie… Cerise sur le gâteau, on ne sait pas qui est le père de cette petite Zohra, qui s’appelle Dati comme maman…

Et puis j’apprends encore que la belle Rachida écrit aussi ses mémoires ! Incroyable !!! Un emploi du temps de ministre, un bébé âgé de quelques jours (et qui ne fait donc pas ses nuits…), pas de mec… et encore le temps d’écrire un bouquin !!! Mais où donc trouve-t-elle autant d’énergie ? Décidemment, cette nana est un phénomène… pas étonnant qu’elle fasse la Une des journaux… Une grossesse, un boulot stressant, un accouchement difficile, des nuits sans dormir, un corps de femme pas toute jeune… N’est-elle finalement pas un peu trop inhumaine ? N’aura-t-elle donc aucun contre-coup?

Du fond de ma bulle, tout ceci me laisse perplexe. Ma sortie de l’arène s’est faite en douceur, sans bruit, une mise à distance progressive et bien orchestrée de toutes les contraintes professionnelles. C’était devenu une nécessité vitale. J’avais mis des années à essayer de m’y fondre, à m’y blesser, à m’y bouffer le foie, à y perdre aussi bon nombre d’illusions sur l’espèce humaine. Et l’Entreprise, quelque pourrie et machiste soit-elle, n’est rien à côté de la Politique, naturellement. Peut-être est-ce pour cela que la sortie a été si évidente, si aisée.

Louise est arrivée : la question ne se posait plus. J’ai tout quitté sans une once de culpabilité. J’avais ensuite le choix d’y retourner, ou bien de prolonger ma symbiose avec ma fille. Je me suis sentie un peu coupable d’avoir le choix, c’est vrai, au-delà des deux mois et demi impartis. Je n’avais pas envie de retrouver ces rapports humains, ces conflits, ces défiances. Ces gens. Je les regarde encore un peu de loin, par mails interposés, ou je leur rends visite à dose homéopathique, aux heures que je choisis ; comme une télé-réalité un peu rasante que je branche de temps en temps. Oui, j’avais le choix. Mais rien ne valait le coup de priver ma fille des moments que j’ai pu lui donner depuis six mois. Et rien n’aurait pu rivaliser avec le bonheur qu’elle m’a donné chaque jour… Si c’était à refaire, je referais exactement la même chose, à deux ou trois détails près. C’est vrai que je me sens épuisée, fragilisée, et extrêmement sensible : la grossesse, le stress de l’accouchement, l’allaitement, les doutes de faire ce qu’il faut, les nuits difficiles… Le soir, je la couche en espérant qu’elle va faire sa nuit. Et pourtant, il me tarde déjà d’être au lendemain matin, pour la voir sourire et la prendre dans mes bras. Cet amour-là est un véritable remède contre le pessimisme ! 

Alors, finalement, quelle aubaine de ne pas être Garde des Sceaux !!!




Parenthèse

5012009

Six mois aujourd’hui… C’est son âge. A ma fille. Six mois.

 Six mois d’intimité charnelle, d’émotion, d’apprentissage de l’une par l’autre, et vice-versa. De fatigue aussi, bien sûr. De nuits hachées, décousues. De grasses matinées et de siestes paisibles. Depuis qu’elle est là, je suis devenue quelqu’un d’autre, une mère douce, attentionnée, et pourtant si instinctive, un mélange troublant d’animalité, de possessivité, et d’abnégation. Une mère, c’est sûr, contre toute attente, et bien plus qu’une femme.

Louise est un bébé souriant, extrêmement tonique et éveillé. A six mois, elle babille énormément, fait des « mamama-bababa », se tient assise seule pendant un bon moment, attrappe tout ce qui passe à sa portée, et manipule même des petits objets avec une délicatesse inouïe. Je l’ai allaitée durant les quatre premiers mois de sa vie, et je continue de lui donner le sein de temps en temps, pour l’apaiser et parce que c’est extrêmement gratifiant pour moi. Je la couve comme une louve depuis que le gynéco de garde me l’a posée entre les bras, car j’ai décidé de m’occuper d’elle de mon mieux, de lui consacrer du temps et ce que j’ai de meilleur en moi, donc d’éviter les nounous et les crèches autant que cela est possible. Seule ma mère vient régulièrement pour la garder, lorsque j’ai besoin d’aller prendre l’air ou de passer au bureau.

J’ai lu quelque part que la première année d’un bébé conditionne sa perception du monde – hostile ou rassurant, vide ou chaleureux - et que, par conséquent, c’est durant cette période que s’édifie la base de la personnalité et de la confiance en soi. Un sujet qui me tient particulièrement à coeur…

 C’est notre parenthèse à nous, une relation fusionnelle unique, exclusive, incomparable. Jour après jour, je regarde mon bébé prendre des allures de petite fille, s’affirmer, se tenir droite, s’occuper toute seule, essayer de faire des syllabes et des mots, se sourire et me sourire dans le miroir… et ce que je ressens est totalement incompréhensible pour la personne que j’étais avant cette naissance… La vie a pris un sens.

 




L’année des « premières fois »

1012009

 Nous débutons l’année avec un rhume carabiné, mi-bronchite, mi-trachéite, il fait un froid polaire dans ce foutu sud, et je m’autorise de plus en plus à espérer un « retour au pays », vers une des mes terres d’adoption du Pacifique Sud : Nouvelle-Calédonie, Australie, Polynésie…

L’heure est évidemment aux Grandes Résolutions de Début d’Année, et j’édicte en guise de priorité pour 2009 un « premier voyage » dans les îles pour Louise : après tout, cette enfant a été conçue à Ouvéa, c’est son petit côté vahine…

lagon ouvea

 Il y a d’autres rêves, d’autres projets, d’autres envies, et bien d’autres audaces encore, mais chuuut, c’est encore top secret pour l’instant.

Ainsi, après avoir eu peur de mon ombre, après avoir pensé et dit mille fois « je n’y arriverai jamais » – ce que, mille fois, j’avais entendu dire à mon propos -, je me surprends à regarder ce bébé avec une immense fierté, et à affirmer que ma fille doit être fière de moi. Aussi, plus que tout autre apprentissage, je dois lui montrer l’exemple d’une femme qui a douté, qui doute encore, mais qui ne renonce pas, qui s’enthousiasme toujours autant, qui s’accroche à ses rêves d’enfant, et qui s’est lancée dans une bien belle aventure : celle de ses propres choix.

La trentaine, jusqu’à présent, ne m’avait guère réussi : des errances, des renoncements, des écueils, des échecs cuisants ; des solitudes ; une situation professionnelle où j’avais investi (grave erreur) mon âme entière, et où j’étais tout bonnement en train de la perdre ; une vie régie par le principe du « devoir », la sensation que c’était là un passage obligé, que la vie de bohême et d’aventures que j’avais goûtée auparavant ne pouvait pas durer ; une forme de dépit, finalement, une résignation bien sournoise et bien laide, qui s’inventait des prétextes, comme celui  de payer ma dette à mon géniteur, de m’affranchir en quelque sorte, en m’efforçant de trouver ma place, de « faire mon trou » dans le Monde de l’Entreprise. Un monde éminemment décevant et anxiogène. Un monde où je ne serai jamais vraiment à ma place.

Louise, ma chérie, tu ne me dois rien (hormis le respect!), ta vie t’appartient, tes choix seront toujours les bons et je m’efforcerai d’exaucer tes rêves, ou plutôt de t’aider à les réaliser.

Nous allons tout vivre au rythme de tes « premières fois ». Qui pourrait imaginer plus belle résolution pour ce début d’année ?




Le Long Voyage

31122008

« La bonne méthode, mon cher Fletcher, consiste à n’essayer de transcender nos limites que l’une après l’autre, avec patience« .

Richard Bach, Jonathan Livingston le goéland, J’ai Lu, 1983, p.114.

 31 décembre 2008. L’année qui s’achève a été marquée par la naissance de notre fille, Louise, Sophie, Tereva, le 5 juillet dernier. Cet événement, ou plutôt ce miracle, m’a prodigué un intense bonheur, une confiance en moi tout inattendue, et surtout beaucoup de réponses aux intarissables questions que je ressassais depuis des années. 

louise&mum

Une nouvelle page s’ouvre, celle d’une vie pleine de tendresse, de promesses et de projets…

En hommage à tous les goélands qui ont souhaité, de toutes leurs forces, voler plus haut, plus vite, ou simplement différemment, et en guise de message d’amour à ma petite Louise – dont le prénom tahitien signifie « le long voyage » ou « aller de l’avant » -, j’ai donné à ce blog le nom de « petit goéland ».

A moi de lui apprendre à voler, en espérant qu’ensemble, nous volerons très haut, très loin, et très longtemps…

 

 

 interface d’administration forums d’aide







jordanfabienne |
yome |
Mes tribulations |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Réflexions.....
| Chroniques d'une femme ronde
| La France crétine